Gabon : Mays Mouissi met la SNI au pied du mur tel un maçon pour résoudre la crise du logement

Le ministre du Logement a reçu, ce vendredi 9 janvier, l’état-major de la Société nationale immobilière. Entre diagnostic sans concession et ambitions de souveraineté, Libreville veut transformer son bras armé immobilier en un acteur de premier plan.À Libreville, le dossier du logement social reste l’un des thermomètres les plus sensibles de l’action gouvernementale. Vendredi 9 janvier, Mays Mouissi, ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de reprise en main du secteur en recevant une délégation de haut niveau de la Société nationale immobilière (SNI).

Conduite par le président directeur général, Jean-Marie Obame Ondo, et le directeur général, Jean-Pierre Ondounda, l’entité publique est venue présenter un bilan de santé qui ne cache rien des défis structurels auxquels elle fait face.L’échange, décrit comme technique et dense, a d’abord porté sur les « contraintes opérationnelles » qui grippent la machine SNI. Entre lourdeurs administratives et besoins de financement, l’entreprise publique a exposé l’état d’avancement de ses chantiers, dont certains accusent des retards chroniques.Mais pour le duo Obame Ondo – Ondounda, l’heure n’est plus à la simple constatation. La direction générale a dévoilé un plan de relance à court terme visant à muscler ses capacités d’exécution.

L’objectif est clair : transformer une structure parfois perçue comme vieillissante en un « acteur moderne et structurant ».Face à ses interlocuteurs, Mays Mouissi a tracé une ligne politique stricte. Pour le ministre, la SNI ne doit plus être un opérateur parmi d’autres, mais le pivot central de la politique nationale de l’habitat.« Le recours à un acteur étatique garantit une meilleure maîtrise des coûts et une exigence accrue de qualité », a martelé le ministre, introduisant le concept de « souveraineté immobilière ».Cette vision marque une volonté de réduire la dépendance aux promoteurs privés, souvent jugés trop onéreux pour les bourses gabonaises, au profit d’un outil public capable de réguler le marché par l’offre.

Pour réussir ce pari, la SNI devra toutefois transformer l’essai sur trois fronts : -La mobilisation des ressources : Trouver des financements pérennes au-delà des subventions étatiques. -La technicité : Monter en compétence pour répondre aux normes internationales de construction. – La résorption du déficit : Répondre à une demande nationale de logements qui ne cesse de croître, particulièrement dans l’estuaire de Libreville.En réaffirmant son soutien à la SNI, Mays Mouissi place l’opérateur au pied du mur. Si le ministre veut faire de la société le « pilier » de son action, les résultats des programmes de construction annoncés seront, dès cette année, scrutés de près par les populations et les observateurs économiques.

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