
Au cœur de la Ngounié, la forêt équatoriale gardait depuis quarante ans le secret d’une tragédie nationale. Ce mercredi 27 août 2025, quatre Gabonais ont mis fin à des décennies de mystère : ils ont retrouvé le site du crash de l’hélicoptère militaire de Makongonio, survenu le 28 juin 1985.
Ce jour-là , l’appareil de l’armée de l’air transportait journalistes et militaires en mission. Dix personnes y avaient perdu la vie, parmi elles sept figures emblématiques de la presse gabonaise, ainsi que trois soldats. Cinq rescapés avaient survécu dans des conditions extrêmes, marquant à jamais la mémoire collective. Depuis, Makongonio était devenu un nom chargé de douleur et d’interrogations, un drame à la fois raconté et insaisissable, faute d’avoir retrouvé le lieu précis.
Quatre décennies plus tard, ce sont Rodolf, Bouka Nzambou, Guénolé et Mbimbi qui, guidés par une mission confiée par la première dame Zita Oligui Nguema, ont affronté la densité de la jungle pour ramener un fragment d’histoire au grand jour. Sans équipement sophistiqué, mais avec une détermination inébranlable, ils ont découvert des débris d’hélicoptère et des effets personnels, encore visibles malgré l’emprise du temps et de la végétation.
« Retrouver Makongonio, c’est refermer une blessure qui saigne depuis quarante ans », a déclaré la première dame, saluant le courage des volontaires. Pour les familles des victimes, cette redécouverte ouvre un espace de mémoire concret, là où le drame s’était perdu dans l’épaisseur des récits. Les autorités ont d’ores et déjà annoncé la sécurisation du site, en vue d’une cérémonie de commémoration et de l’envoi d’experts chargés de préserver les vestiges.
Dans la forêt, Makongonio n’est plus seulement un souvenir douloureux : il devient désormais un lieu, un repère, une trace tangible de l’histoire.




