SEEG : véritables défaillances techniques à l’origine des délestages intempestifs dans plusieurs villes ou sabotage volontaire ?

Depuis plusieurs jours, à la suite de l’annonce concernant la cessation de l’administration provisoire, les Gabonais subissent presque quotidiennement des interruptions de fourniture électrique. De Port-Gentil à Oyem, en passant par Libreville et Makokou, les coupures initiées par la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) provoquent indignation, incompréhension et méfiance.

Tandis que l’entreprise évoque des « difficultés techniques », certains observateurs et citoyens suspectent un potentiel «boycott volontaire», sur un fond de tensions administratives et de réorganisations internes.

Une situation devenue insupportable avec des justifications qui peinent à trouver écho :

Les interruptions peuvent durer de deux à douze heures, impactant foyers, commerces, hôpitaux et établissements scolaires. « Nous ne pouvons plus vivre dans ces conditions. Nous travaillons à la lumière des bougies et nous perdons de la nourriture chaque semaine », déplore Awa, commerçante à Ntoum. Pour la SEEG, la situation découle de multiples défaillances sur les réseaux de distribution et d’un déficit de production, aggravé par une maintenance insuffisante et une demande en augmentation.Cependant, pour beaucoup, ces explications ne sont plus crédibles. Plusieurs leaders de la société civile dénoncent un manque de transparence et accusent la société de «désorganisation chronique» voire de «sabotage organisé» en vue de faire pression sur les autorités. Des rumeurs circulent même quant à des conflits internes liés à la gestion des ressources, à la privatisation partielle de l’entreprise, ou à des représailles suite à des réformes gouvernementales récentes.

Le Ministère de l’Énergie impuissant face à cette situation ?

Le Ministère de l’Énergie parait, quant à lui, démuni face à la recrudescence des délestages, appelant au calme tout en promettant des « solutions urgentes » et une enquête. Un audit indépendant a été annoncé, sans calendrier défini. Une communication timorée qui nourrit les spéculations. « Il faut que la lumière soit faite. Si c’est une défaillance technique, il faut réparer. Si c’est un boycott, c’est gravissime », estime un député de l’opposition.Outre le mécontentement général, ces coupures répétées ont un impact économique majeur : baisse de la productivité dans les entreprises, ralentissement du secteur industriel, augmentation des coûts pour les ménages. Les hôpitaux et les établissements scolaires, eux aussi, tirent la sonnette d’alarme.

Vers une réforme en profondeur ?

Face à l’ampleur de la crise, des voix s’élèvent pour exiger une réforme structurelle du secteur de l’énergie, longtemps annoncée. Selon les experts, cela nécessite des investissements massifs dans les infrastructures, une gouvernance améliorée, et une gestion plus transparente. « Le pays ne peut se développer sans un accès fiable à l’énergie », rappelle un économiste local.

Entre de véritables pannes techniques et de possibles manœuvres politiques, la crise actuelle de l’électricité au Gabon soulève de nombreuses interrogations. Seule une enquête indépendante et une réponse vigoureuse des autorités pourraient rétablir la confiance… et la lumière.

La Rédaction

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